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La physiologie du cerveau montre que celui-ci est constitué de cellules (les
neurones) interconnectées. Quelques étapes de cette découverte :
- Van Leuwenhook (1718) : première description fidèle de ce qu'on
appellera plus tard les axones
- Dutrochet (1824) : observation du corps cellulaire des neurones
- Valentin : découverte des dendrites
- Deiters (1865) : image actuelle de la cellule nerveuse
- Sherington (1897) : les synapses
- les neuro-transmetteurs (première moitié du siècle)

Figure 3.1: Les neurones schématisés
Les neurones reçoivent les signaux (impulsions électriques) par
des extensions très ramifiées de leur corps cellulaire (les
dendrites) et envoient l'information par de longs prolongements
(les axones). Les impulsions électriques sont régénérées
pendant le parcours le long de l'axone. La durée de chaque impulsion
est de l'ordre d'1 ms et son amplitude d'environ 100 mvolts.
Les contacts entre deux neurones, de l'axone à une dendrite, se font
par l'intermédiaire des synapses.
Lorsqu'un potentiel d'action atteint la terminaison d'un axone, des
neuromédiateurs sont libérés et se lient à des récepteurs
post-synaptiques présents sur les dendrites. L'effet peut être
excitateur ou inhibiteur.
Chaque neurone intègre en permanence jusqu'à un millier de signaux
synaptiques. Ces signaux n'opèrent pas de manière linéaire (effet de
seuil).
Quelques informations en vrac :
- le cerveau contient environ 100 milliards de neurones
- on ne dénombre que quelques dizaines de catégories distinctes de
neurones
- aucune catégorie de neurones n'est propre à l'homme (cela serait
trop beau !)
- la vitesse de propagation des influx nerveux est de l'ordre de
100m/s. C'est à dire bien inférieure à
la vitesse de transmission de l'information dans un circuit électronique.
- on compte de quelques centaines à plusieurs dizaines de milliers
de contacts synaptiques par neurone. Le nombre total de connexions
est estimé à environ
.
- la connectique du cerveau ne peut pas être codée dans un ``document
biologique'' tel l'ADN pour de simples raisons combinatoires. La structure du
cerveau provient donc en partie des contacts avec l'environnement.
L'apprentissage est donc indispensable à son développement.
- le nombre de neurones décroit après la naissance
- on observe par contre une grande plasticité de l'axone, des
dendrites et des contacts synaptiques. Celle-ci est surtout très
importante après la naissances (on a observé chez le chat un
accroissement des contacts synaptiques de quelques centaines à 12000
entre le 10ème et le 35ème jour). Cette plasticité est conservée
tout au long de l'existence.
- les synapses entre des neurones qui ne sont pas simultanément
actifs sont affaiblis puis éliminés
- il semble que l'apprentissage se fasse par un double mécanisme :
des connections sont établies de manière redondantes et aléatoires
puis seules les connexions entre des neurones simultanément actifs
sont conservés (phase de sélection) tandis que les autres sont
éliminés. On parle de stabilisation sélective
Nous conseillons sur le sujet deux livres accessibles au profane et
passionnants : L'homme neuronal de Jean-Pierre Changeux et
La biologie de la conscience de Gerald Edelman. Pour un survol de
quelques pages, voir [10].
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Marc Tommasi
Wed May 14 15:14:59 MET DST 1997